Plus de sécurité et moins de gaspillage : achat-logistique.info met en évidence le double avantage de l’automatisation dans la gestion des médicaments. « La réduction des dotations d’étage consécutive à la dispensation nominative nous a permis de passer d’un coût dotation de 10 875 euros à 1648 euros, soit plus de 9000 euros économisés sur les sur-stocks », explique Éléna Schemoul-Berton, pharmacien en charge de la dispensation nominative automatisée au Centre Hospitalier de Troyes, qui a choisi les technologies Deenova, en parlant d’un Ehpad de 275 résidents.
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Pharmacies robotisées : des économies automatiques

L’assertion ne fait aujourd’hui guère plus de doute : en réduisant les possibilités d’erreurs médicamenteuses, les technologies automatisées de stockage, de préparation des doses et de délivrance globale accroissent la sécurité de la prise en charge médicamenteuse à chacune de ses étapes, sujet au coeur de la journée robotisation organisée par l’Anap et le Resah le 30 juin.
Mais en optimisant ainsi la gestion des médicaments, les robots pharmaceutiques s’avèrent aussi de précieux alliés « anti-gaspi » au moment même où les pharmaciens hospitaliers s’efforcent justement de faire rimer santé avec sobriété.
La juste dose
Les bons médicaments, aux bons patients et au bon moment certes… Mais aussi au bon dosage ! « Dès l’étape de préparation, l’automatisation du circuit des médicaments permet des économies, tant pour les médicaments que pour les ressources humaines, en parfaite cohérence avec les principes de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) », affirme ainsi d’entrée Fabrice Lagrange, docteur en pharmacie et responsable pharmacie et éducation thérapeutique à l’EPSM de la Nièvre.

Cela est vrai pour les doses buvables, avec « moins de pertes imputables à la manipulation humaine et, surtout, des flacons multi-patients, parfois à plus de 1000 euros l’unité, qui ne seront donc plus jetés à peine entamés », comme le rapporte le professionnel dont l’établissement bénéficie depuis 4 ans d’un robot NOODIS ADP-20L co-développé sur site et dédié à la préparation d’unidoses pour solutions buvables personnalisées. La réduction du gaspillage médicamenteux peut ainsi atteindre les 20 %.
La fin des sur-stocks

Mais la dynamique vertueuse vaut aussi pour les comprimés et gélules dont la dispensation globale, et plus encore unitaire et /ou nominative, allège de manière notable stocks et empreinte carbone. « Génératrice d’une dispensation 3 à 20 fois plus rapide, la robotisation conduit en effet aussi à une réduction significative des stocks dormants », assure Fabrice Lagrange.
« Plusieurs études le démontrent, l’automatisation de la dispensation réduit la multiplication des stocks immobilisés dans les unités de soins suite à des demandes mal ajustées », le rejoint Régine Chevrier, pharmacien gérant, cheffe de service au Centre Jean Perrin/CLCC de Clermont-Ferrand.
Pharmacien en charge de la dispensation nominative automatisée au centre hospitalier de Troyes, Éléna Schemoul-Berton le confirme pour un Ehpad de 275 résidents : « la réduction des dotations d’étage consécutive à la dispensation nominative nous a permis de passer d’un coût dotation de 10 875 euros à 1648 euros, soit plus de 9000 euros économisés sur les sur-stocks. »
La planète mieux préservée
Or la plus-value, qui a tout pour satisfaire les commissaires aux comptes, séduit également à la planète car moins de principes actifs consommés, c’est évidemment autant de ressources nécessaires à leur fabrication épargnées. Le dernier rapport du Shift Project imputant plus de 9 MtCO2e aux médicaments consommés en France (lire notre article du 17 juin) met d’ailleurs les chiffres dans le plat : 14 % d’émissions de gaz à effets de serre évités rien qu’en systématisant la dispensation unitaire des médicaments (DAU) des antibiotiques…
Posté sur LinkedIn fin mai, un message du « think tank » affirmait même que « l’effet de baisse du volume par baisse du gaspillage […] compense largement les emballages supplémentaires mobilisés pour la dispensation […] ».
Les périmés dépassés !
« Par ailleurs, des stocks mieux maîtrisés, c’est aussi moins de périmés », avance de son côté Éléna Schemoul-Berton. « D’abord parce que les doses aseptiques prêtes à l’emploi se conservent mieux, mais aussi grâce au suivi des doses non prises et à l’adaptation des prescriptions au moyen d’armoires informatisées », abonde Fabrice Lagrange.
Des chiffres, là encore, en témoignent : « en 2022, le groupement hospitalier de territoire du CHU de Grenoble a évalué que la réduction des périmés, obtenue par la révision des dotations en concertation avec les équipes soignantes et l’installation de 9 armoires à pharmacie sécurisées, a permis une diminution de 56 % du stock en valeur », rappelle le pharmacien nivernais (lire aussi notre article du 5 juin 2025 sur l’impact du numérique sur les périmés).
Les MNU réinjectés
Dernier atout et non des moindres : la possibilité de réintroduire dans le circuit certains médicaments non utilisés (MNU), hier condamnés à la poubelle… À l’image du CHU de Besançon dont 600 000 euros de traitements ne sont plus jetés grâce au sur-étiquetage (lire notre article du 30 juillet 2024), « les automates autorisent une « deuxième vie » en cas de non-administration dès lors que le conditionnement reste intact, ce qui permet de limiter les pertes de manière notable », assure Amel Bellag, pharmacien, cheffe de projet au sein de l’AGEPS-APHP. »

De même, « les médicaments coûteux ensachés et en doses unitaires peuvent être réintégrés dans le stock de la pharmacie et la non-dépense imputée à la bonne source », ajoute Éléna Schemoul-Berton, dont l’établissement, futur approvisionneur de deux nouveaux sites (une prison de 700 détenus et le CH de Bar-sur-Seine) a récemment acquis 3 robots de dispensation nominative par surconditionnement.
« Et une fois de plus, ce sont autant d’effluents qui ne sont plus rejetés dans les eaux des nappes phréatiques », se félicite Fabrice Lagrange. À l’heure où les pharmaciens hospitaliers partent à la chasse aux déchets issus des médicaments (Dimed) (lire notre article du 28 novembre 2024), une manière… quasi automatique de rembourser la dette de la production par une nouvelle sobriété de l’usage.